Scolarisation et orientation des déficients visuels

Date de publication de l'actualité
30/05/2022
Introduction - Titre
Assurer une scolarisation de qualité pour tous les élèves de la maternelle au lycée, en prenant en compte leurs singularités et leurs besoins éducatifs particuliers : telle est l'ambition de l'école inclusive, dont le principe a été consacré par la loi sur la Refondation de l'école de 2013. Où en est-on aujourd'hui ? Le point de vue de trois acteurs mobilisés au plus près des besoins.
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Témoignage d’Alain Lequeux, parrain de la Fondation Valentin Haüy et ancien administrateur de l’association apiDV

Avec la promotion de l’école inclusive, les déficients visuels vivent de plus en plus souvent leur scolarité en milieu ordinaire, un réel avantage sur le plan familial et social. Il est possible, grâce notamment à l’accompagnement développé par des services qui se chargent des apprentissages du Braille, de la locomotion, des techniques de compensation du handicap. La question de l’orientation présente un certain nombre de difficultés. Il n’existe pas aujourd’hui de répertoire des métiers vers lesquels les malvoyants ou non-voyants peuvent se référer pour ouvrir le champ des possibles. Ils sont souvent orientés vers les métiers les plus exercés qui se comptent sur les doigts des deux mains. Alors qu’en réalité, ils sont en mesure d’exercer bien d’autres professions. Le développement des applications numériques, en particulier, leur ouvre des possibilités. Un recueil et une diffusion de l’information et des exemples seraient nécessaires pour emprunter d’autres voies que celles qui leur sont tracées. Bref, le besoin d’information et de sensibilisation est impérieux, aussi bien pour les jeunes que pour celles et ceux qui les accompagnent. Chez apiDV, partenaire d’Access’Lab, les jeunes ont la possibilité de rencontrer des binômes voyant-malvoyant qui les aident à réfléchir à leur avenir. Une initiative qui rencontre un grand succès !

Témoignage de Jessica N’Ganga, présidente de la section Baisser les Barrières au sein de l’association apiDV

Accès aux ouvrages, déplacement jusqu’aux lieux d’enseignement, intégration sociale… Pour un déficient visuel, ces fondamentaux de la vie étudiante représentent autant d’obstacles. Comment les lever ? Un des enjeux principaux est l’adaptation des supports pédagogiques. Avec cette particularité : en fonction de son handicap et de sa formation, un jeune peut avoir besoin de textes en braille ou en gros caractères, d’images tactiles ou encore de livres audio. À travers notre service Transcriptio, nous pouvons répondre à toute sollicitation d’un adhérent ou d’une mission handicap. Un nombre croissant de cursus nécessitent de réaliser des stages ou des périodes d’alternance en entreprise. Ces perspectives peuvent être dissuasives pour les étudiants non- ou malvoyants. D’où l’utilité d’un appui pour rechercher des offres, élaborer un CV, s’entraîner à l’entretien, etc. Il s’agit là d’une part importante de notre activité, qui s’accompagne de la diffusion des offres transmises par nos entreprises partenaires. Enfin, parce que la dispersion des acteurs reste un problème dans la prise en charge du handicap, nous essayons de multiplier les passerelles, par exemple avec l’INJA

“Parcours d’études de la 3e jusqu’au premier emploi” investigue les pratiques des professionnels et les expériences des jeunes déficients visuels. Pour participer à l’enquête : fondationvalentinhauy.fr/accesslab

[1] Institut national des jeunes aveugles