Un duo rare !

Date de publication de l'actualité
28/08/2018
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Rencontre avec Françoise Chevalier et Kevin Robin qui partagent une expertise rare. Musiciens accomplis, ils transcrivent en braille, à la demande, des partitions musicales dans tous les styles et pour tous les instruments.

 

En quoi consiste la transcription ?

Françoise Chevalier : Le système braille permet d’écrire et de lire de la musique. À partir d’une lecture verticale et dans l’espace, la transcription se fait par une suite de signes linéaires. Au début, je traduisais à la tablette et au poinçon, écrivant de droite à gauche. Puis je me suis adaptée à la machine Perkins et à la transcription dans le sens de la lecture. Le passage à l’ordinateur et au logiciel Edgar a apporté un vrai confort. Plus besoin de percer le papier, les corrections sont plus aisées et surtout il est possible de réembosser une partition déjà transcrite. Aujourd’hui, le logiciel Finale permet de passer du braille au noir.

 

Comment devient-on transcripteur musical braille ?

Kevin Robin : Un ami m’a transmis une annonce de l’association qui recherchait un transcripteur musical braille. Passionné de musique classique, élève au conservatoire tout en étant professeur de solfège, j’ai postulé. Pendant trois ans, Françoise m’a initié au métier. J’ai appris le braille intégral, le braille abrégé et le braille musical.

F. C. : Les rencontres m’ont toujours guidées. J’ai appris le braille intégral après avoir rencontré un professeur de musique aveugle, puis la musicographie braille avec Pierre Chauvin et Yvon Gardette, et enfin, l’abrégé avec Yves Bonamy de l’association Valentin Haüy, avec l’aide des manuels édités par l’association à l’usage des transcripteurs. Yvon Gardette a été d’une aide précieuse dans l’édition du Complément de signes musicographiques 2002. Il est toujours en usage.

 

Quel supplément d’âme vous apporte ce métier ?

F. C. : Échanger avec nos quelque 350 clients de tous âges et de tous horizons apportent beaucoup d’humanité à notre travail. C’est très gratifiant et une chance de se sentir vraiment utile à l’épanouissement et l’intégration des musiciens aveugles.

K. R. : J’ai découvert le monde de la déficience visuelle et une autre façon d’appréhender la musique. Au-delà de la relation humaine, c’est une vraie source de motivation de se plonger chaque jour dans de nouvelles partitions. Il faut savoir que nous transcrivons annuellement environ 6000 pages du noir vers le braille !

 

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